Pour Wolfy

1 mars 2009

yucca

Classé dans : Non classé — Anne @ 19:03

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Un peu de toi chez moi
A

28 février 2009

De Kyôto

Classé dans : Non classé — Stéphane @ 22:02

De Kyôto que tu aurais adorée, des pensées fidèles

Stéphane

28 février 2008

Un an

Classé dans : Non classé — Anne @ 15:20

Tu es là. Au creux de mes pensées
Anne

10 mars 2007

Apprivoiser le manque

Classé dans : Non classé — Anne @ 15:50

“Tu es debout sur mes paupières”…

6 mars 2007

Pour Papounet…

Classé dans : Hommages — admin @ 21:26

“Il y a cinq personnes à rencontrer au Ciel. [Chacune] a fait partie de ta vie pour une raison ou une autre. Il se peut que tu aies ignoré la raison, à l’époque, et c’est à ça que sert le Ciel. A comprendre ta vie sur terre.
Les gens pensent au Ciel comme à un jardin paradisiaque, un endroit où ils peuvent flotter sur des nuages, paresser dans des rivières ou au sommet d’une montagne. Mais sans consolation, le paysage en question est dépourvu de sens.
Voici le cadeau le plus important que Dieu puisse te faire : comprendre ce qui s’est passé dans ta vie. Qu’on te l’explique. Pour connaître enfin cet apaisement que tu as toujours espéré”.
Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut, Mitch Albom

5 mars 2007

de Catherine

Classé dans : Hommages — Anne @ 11:53

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Pour offrir à Jean-Marc , cette petite fleur du souvenir que les langues voisines ont su poétiser plus que le Français…”Vergiss-mein-nicht”, en allemand,”Forget-me not,” en anglais…, si discrète et pourtant si intense…

Printemps

Classé dans : Photos — Anne @ 1:23

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Croire en la beauté du printemps

4 mars 2007

Là bas

Classé dans : Photos — Anne @ 4:53

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Tout de blanc vêtu

Lui et moi

Classé dans : Hommages — Anne @ 4:24

Jean Marc j’ai eu de toi un an et quelques mois.
C’est peu et c’est immense
Je garderai l’immense
L’immense c’est
Ton cœur infiniment aimant où je calmais mes doutes, où je puisais ta force
L’immense c’est ta tendresse, indéfectible…
C’est ton désir d’ailleurs, ta vision de demain
Je garde ton clin d’œil quand tu me sentais inquiète : “tout ira bien , nous y arriverons, nous partirons encore”.. et tu faisais trois pas essoufflé et battant

J’ai été ton copain de Pékin, ta voyageuse d’Afrique, ta lectrice de Libé, tu étais mon cadeau

Partout , je t’emporte avec moi

Anne

3 mars 2007

Eulogy for Wolfy

Classé dans : Hommages — Stéphane @ 18:41

Je connais Jean-Marc moins que beaucoup d’entre vous qui ont vécu avec lui.

Mais il est possible que je sois le seul à connaître certaines de ses facettes les plus profondes. Parce j’étais son ami et parfois un peu son psy – et que nous avons échangé sur des événements ou des ressentis qu’il me disait n’évoquer avec personne d’autre.

Notre amitié peut paraître étrange parce que nous étions très différents. C’est une amitié qui s’est construite grâce à Internet, au-delà de nos différences d’âge, de culture, de parcours, de projets - sur l’estime, dans la reconnaissance mutuelle et authentique de la valeur de l’autre. C’est de l’estime que je lui porte que je veux témoigner aujourd’hui.

Pour cela j’évoquerai Jean-Marc sous trois aspects :

Jean-Marc c’était un geek qui sentait bon le sable chaud.

Jean-Marc c’était un visionnaire constructeur.

Jean-Marc c’était un filou soixante-huitard. Oui oui, soixante-huitard.

Un geek qui sentait bon le sable chaud

Il faut souvent être geek pour savoir ce que geek veut dire. Geek, c’est le mot qui désigne les passionnés de nouvelles technologies. Notre amitié, c’était d’abord une amitié de geeks pour qui la vie, c’est aussi une histoire de curiosité acérée, de veille permanente, une histoire d’adultes assumant un plaisir d’enfant à jouer avec les derniers gadgets.

J’ai rencontré Jean-Marc deux fois pour la première fois.

La première première fois, il ne s’appelait pas Jean-Marc mais Wolfy. C’était il y a dix ans sur le deuxième monde de Canal +, le premier monde virtuel francophone en 3D, au tout début du net grand public. Dans ce monde, j’étais l’animateur de la vie politique. Wolfy était l’un des cinq connectés à être systématiquement présent aux rendez-vous citoyens, à participer à la liste de discussion, à investir avec passion, en pionnier, ce nouveau monde.

Sur le Net, on se forge toujours une image mentale de son interlocuteur à partir de son pseudo. Pour moi, avec un pseudo pareil, Wolfy ne pouvait être qu’un ado. Wolf, c’est le loup, un prédateur agressif. Mais le suffixe « y », transforme tendrement le loup en petite peluche. Wolfy, c’est un louveteau duveteux.

C’est amusant de se dire que Jean-Marc se percevait comme un p’tit loup.

Jeudi soir, en mettant en place le site d’hommage pourwolfy.fr où vous pouvez laisser des textes et des photos, j’ai découvert avec un grand sourire chaleureux l’adresse mail de Jean-Michel : wolfs_wolfy@aaa.com

La deuxième première fois que j’ai rencontré Jean-Marc, In Real Life, dans la vraie vie, c’était dans un bar près de Cryo lorsqu’il venait acheter l’une des toutes premières licences scol afin de monter Archinet, son propre monde virtuel, l’un des tous premiers de France. Jean-Marc, physiquement, il en imposait. C’était un beau gosse qui aimait les beaux costumes, avec un profil de légionnaire qui sent beau le sable chaud et qui rayonne la puissance. Ca rendait de nombreux autres hommes jaloux. Jaloux qu’il arrive à se faire aimer de très belles femmes. On ne choisit pas son physique. Mais voilà, quand je pense à Jean-Marc, je pense à cette force à cette séduction qui se dégageait de lui. Rien à voir avec un p’tit loup.

Un visionnaire constructeur

Toute mort est injuste. Mais la mort de Jean-Marc l’est particulièrement car elle ne lui aura pas laissé le temps de montrer à quel point il était un visionnaire, à quel point c’était un constructeur.

Jean-Marc avait dix ans d’avance dans le domaine des mondes virtuels. Aujourd’hui, les médias parlent du succès de secondlife et des dizaines de millions de dollars qui s’y échangent. Jean-Marc, avec des moyens incroyablement réduits, avait créé avec Archinet la même chose avant l’heure. Avoir raison trop tôt, ça conduit parfois commercialement à avoir tort. Et ça c’est frustrant, ça c’est injuste.

Mais le vrai talent visionnaire de Jean-Marc ne reposait pas sur son intelligence à saisir les tendances d’un moment. La raison pour laquelle je lui vouais une grande admiration est liée à sa ludicité. Jean-Marc était capable d’investir sur une intuition fine et argumentée énormément de temps et d’énergie, et il était capable de reconnaître rapidement ses erreurs, de les analyser, de les expliquer et, sans regret, de formuler de nouveaux projets s’adaptant au nouveau contexte. La vidéo, les ordinateurs, Internet, le jeu en réseau et son dernier projet de restaurant, toutes ces réalisations professionnelles témoignent de son talent à sentir l’époque, à la devancer, tout en restant souple et en s’adaptant.

Ce talent est un talent très rare. Je le voyais parfois frustré de ne pas toujours pouvoir déployer ses intuitions faute du budget qui aurait permis de mettre en œuvre sa vision constructrice. Peut-être aurait-il pu les réaliser s’il avait été salarié, directeur de projet d’une grosse boîte – mais j’en doute. Jean-Marc était farouchement indépendant. Sa fierté, c’était d’être un self-made man. Il avait de ce point de vue-là un aspect très ricain. Jean-Marc rêvait de l’American Dream. Celui qui permet de se retrouver sur un bateau dans les mers du Sud dix ans avant l’âge de la retraite. Moi, personnellement, je n’y ai jamais cru, à son rêve de buller. La dynamique de vie de Jean-Marc, c’était de construire des choses, des projets permanents, le suivant remplaçant le précédent.

Le monde est séparé entre les personnes qui défont et celles qui font. Jean-Marc était un vrai faiseur. Et c’est pour cela que je l’aimais.

Un filou soixante-huitard

Je ne peux pas m’empêcher d’évoquer un aspect un peu moins mature chez lui mais qui me faisait sourire. Jean-Marc prenait un plaisir malicieux au frisson de la gruge. Quand je dis gruge, je veux parler de la gruge au règlement. Jean-Marc avait un adversaire imaginaire qu’il aimait convoquer pour des joutes verbales : l’inspecteur des impôts ou le contrôleur administratif. Je me souviens notamment de deux exemples. Jean-Marc a vendu à l’Encyclopaedia Universalis une licence pour un monde virtuel. Quand je lui demandais si son statut commercial l’autorisait à vendre ce type de produits immatériels, il me répondait : « Ils ont qu’à venir s’ils veulent me contrôler, je leur montrerai un cd contenant le programme. Un cd c’est matériel. Que veux-tu qu’ils répondent à cela ! ». Autre souvenir, plus récent, d’une discussion sur la loi interdisant le tabac dans les lieux publics : « Ils sont vraiment cons, s’ils l’autorisent pour les boîtes de nuit et pas pour les restos, je crée un espace d’un mètre sur un et une heure par jour, je me mets aux platines. Que veux-tu qu’ils répondent à cela ?! ». Là, sur ces deux exemples, on comprend mieux le caractère ado de son pseudo « Wolfy » : un rebelle un rien filou qui prend un immense plaisir à pouvoir faire des bras d’honneurs à l’autorité.

Mais ce pourquoi aussi j’aimais Jean-Marc, c’est que derrière son aspect entrepreneur libéral, il y avait un réel souci bienveillant des autres. S’il installait un distributeur de boissons, il fallait que les prix soient les moins chers. Certes pour faire de la concurrence aux autres distributeurs en rêvant de rafler la mise mais surtout en pensant à l’argent de poche des ados. Idem pour la section cyber. Idem pour tous ses projets. Son but était toujours d’offrir le meilleur au moindre prix. Le journal qu’il lisait tous les matins à ce moment du café qui avait une immense importance symbolique pour lui, c’était Libé. On peut penser ce qu’on veut de Libé ou de la gauche. Mais voilà, chez Jean-Marc, cette facette témoigne de son réel souci du collectif, de l’importance de l’ouverture, de l’horreur des extrêmes et de leur discours haineux, de la croyance dans un idéal, une société meilleure, en l’idée qu’on pouvait chacun à notre échelle y contribuer.

Sayônara Jean-Marc

A la fin du film Vanilla Sky, on voit Tom Cruise hurler « Tech support ! Tech support ! » pour être réveillé. J’imagine très bien en ce moment Jean-Marc dans un monde virtuel hurler de la même façon pour qu’on rétablisse la connexion, pour qu’on change l’alim et pour que ça reparte, parce qu’une pièce défectueuse, ça se change.

J’ai réfléchi toute cette semaine à la raison pour laquelle nous avons été si nombreux à ne pas croire à la possibilité d’une telle fin, pourquoi nous avons fait comme si de toute évidence, après le mauvais moment de la chimio, après le mauvais moment de l’opération, Jean-Marc allait naturellement guérir.

Même si Jean-Marc avait peur de l’issue, mon intuition est que lui-même n’y croyait pas et que nous avons tous eu confiance en sa propre conviction et en sa force. Ce n’était pas un déni. Il était confiant, tout simplement, parce qu’il avait fait dans sa vie au moins une fois l’expérience de la limite. Un jour, il a vraiment touché le fond, vraiment regardé la mort en face et il est remonté. C’est cette expérience d’une certaine forme de renaissance qui lui donnait sans doute l’assise, la solidité qu’on lui connaît. De combien d’hommes peut-on dire cela ?

A quelqu’un qui, comme moi, ne croit pas en Dieu, ne croit pas en la vie après la mort, la mort de Jean-Marc rappelle cela : l’importance de vivre chaque jour, chaque heure en utilisant au mieux ses forces et ses talents pour réaliser ses projets, chaque jour chaque heure pour construire, être un faiseur bienveillant, lucide, souple, confiant, comme lui. Chaque jour, chaque heure en s’entourant des personnes avec qui on est bien, qui nous aiment et que l’on aime.

C’est cela que je garde pour toujours de la vie de Jean-Marc.

Sayônara mon ami.

 

 

Stéphane Barbery

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